Capitalisme

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Système de production basé sur la propriété privée des moyens de production.

Les terres, immeubles, marques, machines, outils et brevets appartiennent à des propriétaires privés voire anonymes, pour l’essentiel par le biais de titres financiers (ou actions).

Cet amas de richesses, sous forme de parts de propriétés d’entreprises, constitue le capital. Ce dernier est le facteur le plus déterminant dans la définition des rapports socio-économiques : plus il est grand, plus son propriétaire détiendra un pouvoir supérieur sur la production nationale et internationale. Au contraire, la majorité absolue de la population en est dépourvue, bien qu’elle le confonde régulièrement avec le patrimoine.

Le capitalisme autorise les acteurs économiques décider seuls de leur production, en réduisant au maximum le pouvoir des Etats en la matière. Les entreprises forment un marché régi par la concurrence, c’est-à-dire la compétition permanente entre les acteurs pour leurs parts de marché. Il est contraire à toute forme de planification, que ce soit pour préserver les ressources naturelles ou subvenir aux besoins sociaux des populations.

Le régime capitaliste se compose de trois grandes classes sociales : la bourgeoisie, qui détient le capital et décide de la production ; la classe intermédiaire, qui assure l’organisation effective de la production dans les entreprises pour le compte de la bourgeoisie ; et la classe ouvrière, qui fournit la force de travail nécessaire à la production pour les tâches élémentaires et qualifiées, œuvrant ainsi à la richesse nationale et internationale.

Contrairement à l’idée reçue, les employés – classe ouvrière et intermédiaire – ne sont pas payés par leur propre création de richesses dans l’entreprise. Leurs salaires proviennent initialement d’une fraction du capital existant et déjà détenu par la bourgeoisie ; il est donc indexé, non pas sur la quantité de richesses créées par le travail, mais sur le prix minimum auquel ils sont prêts à fournir leur services. Ce rapport de force cristallisé sur le niveau de salaires se développe par le marché du travail, légal et illégal. Les richesses créées dans l’entreprise, dépassant largement le prix payé par la bourgeoisie pour l’achat de force de travail, reviennent intégralement à la classe possédante qui choisit ensuite comme les utiliser – outre les parts irréductibles d’amortissements et de salaires prévus.

Le régime capitaliste se présente comme le meilleur des systèmes économiques. Synonyme de progrès social réel quand il supplanta le vieux féodalisme, il permit un accroissement sans précédent de la production et des techniques. Néanmoins, il porte en lui une sévère inefficience : la part de richesses accaparées par la bourgeoisie n’a cessé de croître, et de se concentrer sur la fraction sociale supérieure.

Les inégalités sont le fondement du capitalisme et plus il se développe, plus elles grandissent. Selon l’ONG Oxfam, en 2014, soixante-sept individus possédaient autant de richesses que la moitié de l’Humanité. Près de dix millions de travailleurs français, inscrits à Pôle Emploi ou non, sont privés d’emploi. Des milliers de familles vivent dans la rue – mais pour chacune d’entre elles, l’hexagone compte trois logements vides.

En outre, le pouvoir économique concentré entre les seules mains de la bourgeoisie lui permettent d’organiser la production selon une promesse de profits immédiats, la conduisant à prendre des décisions inconsidérées. Les ressources naturelles se trouvent sérieusement endommagées par deux siècles de capitalisme, et manqueront bientôt pour assurer un niveau de consommation égal à celui d’aujourd’hui. La production est concentrée sur les secteurs les plus rentables, certains n’existant que pour le gain qu’ils procurent, à l’encontre de l’intérêt réel de l’humanité : la finance et ses produits dérivés au lieu du financement de la production, la communication et le marketing au lieu de l’information, la chirurgie esthétique au lieu des soins pour les malades.

La liberté sous le capitalisme, argument premier du système, est largement contrainte par la réalité physique : pour l’immense majorité de la population, le seul choix possible est de vendre sa force de travail. Le droit de propriété, érigé en premier de tous – avec le droit de sécurité desdites propriétés – est accaparé par une infime fraction d’individus, se transformant dès lors en devoir pour le reste de l’humanité. La propriété privée des terres interdit d’y pénétrer ; la propriété privée des entreprises interdit d’en décider la production ; et ainsi de suite.

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Une réflexion sur « Capitalisme »

  1. Il manque le petit mot « à » (avant le mot « décider ») dans cette phrase : « Le capitalisme autorise les acteurs économiques décider seuls de leur production, »
    Sinon: cette définition du capitalisme est sans ambiguïté, bien encrée, et ancrée dans notre époque! .

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