Écologie : les trois plus grands mensonges sur la planète

La nature fait face à une crise sans précédent. Cette problématique primordiale fait l’objet d’escroqueries intellectuelles, tant dans le constat que dans les solutions à y apporter. Nous avons relevé trois grands mensonges énoncés, au nom de l’écologie, par nos dirigeants et autres « grands » médias. Les démasquer est vital, littéralement, pour l’avenir de la civilisation humaine.


Par Benoit Delrue.
3 400 mots environ. Temps de lecture estimé : 20 minutes.
 L'horloge du Bilan


Notre planète est en danger. La Terre, telle qu’elle existe aujourd’hui du moins, voit son avenir s’obscurcir à mesure que de grands chambardements sont constatés. Voici une trentaine d’années, des partis « écologistes » ont vu le jour pour impulser dans le débat national cette problématique ; depuis, les dirigeants gouvernementaux de tous bords se sont réappropriés leurs thèses.

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C’est dans ce contexte que notre pays accueillera le sommet international sur le climat, ou « conférence Paris Climat 2015 – COP21 ». Notre chef de l’Etat, François Hollande a fait de la « réussite » de cette rencontre internationale une « priorité ». Une bonne chose, à première vue : enfin, les dirigeants planétaires s’emparent de la question, enfin, nous pouvons espérer qu’à cette prise de conscience succèderont des décisions ambitieuses. Mais la voie empruntée ne présage rien de bon, notamment parce qu’elle repose sur trois grands mensonges. Les voici démasqués, pour gagner une hauteur de vue nécessaire à l’avenir de l’humanité.

1. « Le changement climatique est le problème »

Non, c’est un phénomène normal. Par nature, la Terre présente un climat planétaire, des climats zonaux et régionaux qui sont tous en évolution constante. Le changement climatique est naturel, logique et continu selon des phases plus ou moins rapides. Plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte. La position astronomique est déterminante : l’orbite autour du Soleil, la rotation planétaire, l’inclinaison des pôles sur le plan écliptique. L’activité volcanique, qui rejette en masse du dioxyde de carbone (CO2), provoque à court terme une baisse de la température et à long terme peut entraîner un réchauffement. Les mouvements des océans, ou circulation thermohaline, déterminés par la température et la salinité des masses d’eau, influencent également les climats.

Cycles naturels et phénomènes anthropiques

La paléoclimatologie consiste à l’étude des conditions climatiques passées de notre planète. En ce domaine, l’étude des pôles est fondamentale car les glaces s’y trouvant sont des témoins de l’évolution climatique de la Terre. Les études géochimiques menées par la base antarctique Vostok, lieu de coopération scientifique internationale, ont mis en évidence des grands cycles climatiques de 100.000 ans ainsi que des périodes de 20.000 à 40.000 ans, caractéristiques des variations de l’orbite terrestre. La variation de températures entre les ères atteint dix degrés Celsius. Au sein d’une même période, des cycles courts sont observés. Un « petit âge glaciaire » a ainsi été constaté au 17ème siècle, avec presque un degré de différence par rapport aux moyennes actuelles.

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Le phénomène réellement intéressant est anthropique, c’est-à-dire l’empreinte de l’Homme sur la planète. L’impact de l’activité humaine sur les processus naturels est réel. Depuis la révolution industrielle, la consommation moyenne d’énergie par personne a été multipliée par vingt ; tandis que la population mondiale a été multipliée par quinze. Le caractère intensif de la production humaine depuis l’émergence du capitalisme au 18ème siècle a conduit à la disparition de la grande majorité des espèces animales et d’une part considérable des espèces végétales. Sur les seules quarante années entre 1970 et 2010, la taille des populations des espèces de vertébrés a diminué de 52% selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Dans 45% des cas, la perte ou la dégradation de l’habitat est en cause ; dans 37%, c’est l’exploitation des animaux eux-mêmes qui conduit à leur extinction. Le changement climatique, les maladies, les espèces et gênes invasifs ne concernent qu’une disparition sur sept. Les espèces d’eau douces sont les plus touchées avec une chute des effectifs de 76% en quatre décennies.

L’extinction de l’Holocène

Une étude menée par des chercheurs de la Stanford University rappelle que notre planète a déjà connu plusieurs extinctions massives, six au total lors des dernières 450 millions d’années. La plus célèbre est la dernière, survenue il y a 65 millions d’années, et qui a vu l’extinction des dinosaures. Entre 70 et 90% des espèces ont disparu à chacun de ces bouleversements biologiques. Cela étant, nous sommes au commencement d’une nouvelle ère d’extinction ; et c’est l’Homme qui la provoque, selon les conclusions de l’étude publiées le 25 juillet dernier dans la revue Science. En France, deux scientifiques du Museum national d’histoire naturelle vont plus loin. Dans l’ouvrage – « La biodiversité de crise en crise » – qu’ils viennent de publier, ils estiment qu’ « en termes de taux (pourcentage d’espèces éteintes sur une durée donnée), nous sommes déjà bien au-delà des cinq [extinctions] majeures ». « La vitesse à laquelle nous nous engageons dans ce voyage destructeur risque de nous faire parvenir à l’apocalypse plus rapidement que ce qu’aucune crise du passé a produit depuis 550 millions d’années », poursuivent-ils, tout en soulignant qu’étant donné leur prodigieuse capacité de régénération, ni la biodiversité, ni la planète ne sont en danger. Partisans d’un « discours plus équilibré, plus réaliste », ils préfèrent l’énoncé « plus correct » selon lequel « la place de l’Homme sur la planète est en danger ». « Une nouvelle biodiversité a toutes les chances d’émerger de la crise actuelle, mais il est vrai que, dans celle-ci, l’Homme n’aura plus sa place ; c’est une quasi-certitude ! »

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L’impact négatif de l’activité humaine sur l’environnement sont des phénomènes établies par les études rigoureuses. De plus en plus de scientifiques adhèrent à la thèse selon laquelle l’extinction de l’Holocène, du nom de notre ère, est d’ores et déjà commencée. Mais les mêmes scientifiques soulignent que résumer la crise écologique actuelle à une affaire de climats n’est pas un procédé sérieux. L’effet de serre est une réalité, l’atmosphère retenant les « rebonds » des rayons solaires ; mais il est un phénomène naturel avant d’être accentué par l’Homme par le rejet supérieur de CO2. Mais l’aspect climatique ne résume en aucun cas les bouleversements biologiques en cours, tandis que mettre en cause « le changement climatique », comme le font la plupart des écologistes, est à la fois absurde et contre-productif. L’ampleur du phénomène, qui affectera particulièrement l’espèce humaine, oblige à faire preuve de rigueur scientifique. Il est donc plus juste de discuter dans le débat public de l’empreinte de l’Homme sur la nature, des conséquences anthropiques sur l’équilibre biologique. C’est moins « sexy » que les thèmes simplistes propagés aussi bien par les grands médias que les blockbusters type « Le jour d’après », mais c’est une représentation de la réalité beaucoup plus juste. Pour les tenants de l’ordre établi, le peuple comprend mieux les idées les plus simples, il faut donc en rester au « climat », seul thème affiché par les grandes « conférences » entre les Etats sur la problématique écologique. C’est le moyen d’y mêler tout et n’importe quoi, comme la survenue de catastrophes naturelles, pour « noyer » le rôle primordial de l’Homme dans l’extinction commencée, ou la nécessité de remettre en cause nos sociétés.

2. « L’énergie propre existe »

Nous en avons à toutes les sauces : écologistes, associations et médias nous servent l’énergie propre comme la solution à l’empreinte négative de l’Homme sur la planète. En bons croyants, nous n’aurions qu’à nous « convertir » aux énergies « vertes » pour laver notre activité de toute réaction néfaste pour l’équilibre biologique. Mais il s’agit d’une illusion, pour une raison parfaitement simple : l’énergie propre n’existe pas.

Pas si propres, ni renouvelables

L’étude objective des « énergies propres » met en relief la qualité tout à fait impropre de ces moyens d’approvisionnement. Le Grenelle de l’environnement, organisé par Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo, a fixé un objectif : passer de 2.000 à 15.000 éoliennes en France. Cette « grande cause » est estimée à 35 milliards d’euros par an, qui représentent autant d’activité pour fabriquer, acheminer, mettre en service ces grandes machines – et donc autant d’énergie dépensée. Or, le rendement moyen d’une éolienne en France est de 24%, certaine couvrant à peine les dépenses énergétiques nécessaires à leur construction. L’énergie photovoltaïque n’est pas en reste : selon une étude publiée en 2011 dans la revue Energy Policy, la majeure partie des panneaux solaires utilisent des batteries au plomb pour stocker l’énergie. Ces batteries étant produites dans des conditions où l’exigence environnementale est secondaire, au moins 2,4 millions de tonnes de plomb sont rejetés dans la nature par les seules filières chinoise et indienne de l’énergie solaire. Malgré tous les efforts économiques concentrés sur ces secteurs, l’éolien et le solaire couvrent, à eux deux, à peine 1% de l’approvisionnement énergétique en Europe, continent où les infrastructures dédiées sont particulièrement développées.

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L’industrie du biogaz se déploie beaucoup plus rapidement et concentre beaucoup d’espoir. Ce « carburant écologique » trouve de nombreux partisans. Mais la biomasse nécessaire à cette filière, théoriquement constituée de déchets agricoles, oblige à une culture du maïs dédiée. Aux Etats-Unis, 40%  du maïs produit sont consacrés aux agrocarburants. En Allemagne, une immense surface est dédiée à l’alimentation des 7.500 centrales de biogaz, et cette agriculture demande des tracteurs, donc de l’essence. Environ 2,5 millions de tonnes de CO2 sont rejetés, chaque année, par l’industrie allemande d’agrocarburants. Chez nous, l’extension du biogaz demande une agriculture qui remplace les parcelles en fourrage et les tourbières, piliers de l’équilibre biologique. Au Brésil, elle se fait au détriment de la forêt amazonienne, et donc de la capacité mondiale de la végétation à opérer la photosynthèse, l’absorption de CO2, à la hauteur des rejets de gaz provoqués par l’Homme. Alors que la part des énergies « propres » ou « renouvelables » est infime, presque négligeable dans la consommation énergétique mondiale ou française, elles provoquent d’ores et déjà des dégâts environnementaux importants.

Les lois de la physique

Plus encore, l’absence d’énergie propre tient dans les propriétés physiques de la nature. Par définition, aucune énergie n’est « propre ». Les exposés de Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialisé dans l’énergie, sont des plus instructifs en la matière. « L’énergie est la grandeur physique qui caractérise le changement d’état d’un système ; elle obéit à des lois qui, par définition, ne souffrent pas d’exception » avertit Jancovici lors d’une audition à la commission de l’environnement de l’Assemblée. « La propreté, c’est laisser les choses en l’état. L’énergie, c’est fait pour ne pas laisser les choses en l’état. Donc l’énergie propre, ça n’existe pas. Ce qui peut exister, c’est de l’énergie utilisée dans des quantités telles que les avantages surpassent les inconvénients. » Le polytechnicien insiste sur le rôle des énergies fossiles, « des restes de vie ancienne » aux quantités limités, dans le façonnement du monde d’aujourd’hui. « 80% de notre consommation (énergétique) mondiale sont le fait de la combustion d’énergies fossiles (…). Même l’électricité est massivement fossile : de 1973 à 2007, les combustibles fossiles passent des trois quarts de la production électrique aux deux-tiers », malgré l’extension continue de l’énergie nucléaire. Autrement dit, ce n’est pas le passage à des véhicules électriques qui permettraient de réduire la quantité de dioxyde de carbone rejetée par l’Homme, parce que l’essentiel de la production d’électricité provient d’énergies fossiles ; si le nucléaire s’est bien développé, il n’a pas remplacé le charbon ou le pétrole, mais il s’y est ajouté. Quant aux énergies dites « renouvelables », en plus de demander un coût énergétique élevé pour la fabrication des infrastructures qu’elles nécessitent, elles ne fournissent qu’une part très minoritaire de notre consommation, en France comme dans le monde.

Pour Jancovici, il est contre-productif d’insister sur les énergies « propres » « qui excitent tant nos amis journalistes » ; il vaudrait mieux prendre en compte la limite physique des volumes d’énergies fossiles et leur fin certaine (dans les prochaines décennies si le rythme de consommation reste le même). Et donc,  envisager dès maintenant une transformation de notre société vers un modèle où la consommation énergétique est nécessairement plus faible. L’ingénieur résume son constat par une petite maxime, « la physique, plus forte que les euros ». Plus forte, également, que les considérations à l’emporte-pièce qui nourrissent des espoirs de « propreté » parfaitement illusoires.

3. « Les gestes de tous sauveront la planète »

C’est le plus grand, le plus répandu et le plus crapuleux de tous les mensonges en vogue sur l’environnement. La planète est en danger ; il est donc de notre « devoir à tous » de « faire un effort » pour contribuer à sauver la nature. Tenu avant tout par les politiciens écologistes, bientôt rejoints par la gauche et la droite gouvernementales, et propagé par l’ensemble des « grands » médias, ce principe de l’égale responsabilité individuelle est des plus fallacieux.

La marche économique de notre monde

Il est évident qu’en termes de bilan carbone, il vaut mieux se balader en trottinette qu’en 4×4 ; mais la question n’est pas là. Plus précisément, la question primordiale du déséquilibre biologique provoqué par l’Homme ne trouve pas de solution dans les « petits gestes du quotidien » qui permettraient, mis bout à bout, de « changer le monde ». Pour une raison simple, là aussi : ce ne sont pas les consommateurs qui décident de la marche économique de notre société, contrairement aux idées reçues. Pas plus que l’offre n’existe pour répondre à la demande – en réalité, c’est la demande qui est créée par la publicité, à partir de l’offre de produits commercialisés sur le marché. Ceux qui décident de la production humaine, le nerf de toutes civilisations, sont les grandes entreprises et précisément leurs propriétaires : gros porteurs d’action, détenteurs de holdings. Ce sont les multimilliardaires, qui forment socialement la haute bourgeoisie, qui détiennent le pouvoir économique et qui décident de la marche du monde.

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Or, la crise écologique anthropique est précisément le fait de l’intensité de l’activité économique, inhérente au régime capitaliste. Par définition, ce système de production laisse les mains libres aux acteurs privés, à de grandes entreprises détenues par une ou quelques familles, qui emploient des (centaines de) milliers de salariés et influencent le marché. Les grandes décisions, stratégiques, sur le développement de tel marché, la production de telle marchandise et la recherche dans tel secteurs, sont prises par les propriétaires les plus importants. Ceux qui possèdent le plus grand capital pèsent le plus lourd dans les décisions, au niveau de l’entreprise, de la nation ou de la planète. Et ils recherchent tous la même chose : un plus grand profit, pour un plus grand capital, pour une plus grande influence sur l’économie mondiale. Dans une compétition de plus en plus rude, la victoire appartient aux plus rapides, aux plus rentables, aux plus productifs. La course effrénée aux richesses conduit inexorablement à l’exploitation irraisonnée des ressources naturelles, souvent dégradées, parfois purement gâchées.

Le capital épuise deux choses

Nul jugement moral ou de valeur dans cet exposé, tels sont les faits constatables par chacun. D’aucuns affirment que la solution est politique, par une réglementation plus « respectueuse » de l’environnement. En réalité, elle est purement économique : les Etats actuels, tels que constitués aux 17ème et 18ème siècles, ont abandonné la sphère productive aux « lois du marché » et « acteurs indépendants », en réalité à la poignée de familles qui possèdent le plus grand capital. Par nature, les Etats capitalistes n’imposent pas aux forces capitalistes une réglementation trop « contraignante », puisqu’ils représentent avant tout l’intérêt particulier de la classe dominante – puis le compromis entre cet intérêt et l’intérêt général de la nation. C’est donc dans la transformation du système de production que réside la solution à la crise écologique. Autrement dit, tant que notre régime économique – pour l’heure hégémonique sur la planète – consistera en des activités ultra-productives, engageant les nations et la planète, décidées par une poignée de grands propriétaires, alors les ressources continueront d’être surexploitées. Tant que la production humaine sera mue par la recherche du profit maximum, par la compétition permanente pour le capital le plus immense, alors ceux qui sont en haut du tableau continueront le « jeu », jusqu’à assécher pleinement les ressources s’ils en sont permis.

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Déjà en son temps, Karl Marx soulignait que « le capital épuise deux choses, le travailleur et la nature ». Adepte d’une rigueur scientifique dans son étude de l’Histoire et de l’économie, il développa la thèse du « socialisme scientifique ». A la fois outil d’analyse et mouvement, il consiste en une remise en cause de la fiabilité et de l’efficience du capitalisme pour répondre aux besoins de l’Homme et en la définition d’un régime de production nouveau, où les terres, les ressources, les grandes entreprises relève d’une propriété publique inaliénable. La décision collective, par la société instruite et éclairée par le débat, de la production nationale et internationale conduirait à tenir l’économie par les deux bouts, entre l’exploitation rationnelle des ressources et la satisfaction des besoins sociaux de tous. Depuis, les expériences d’Etats communistes se sont, pour la plupart, largement éloignée de cette rigueur scientifique, et ont présenté des bilans écologiques parfois médiocres – comme l’assèchement de la mer d’Aral par le camarade Khrouchtchev, qui voyait comme un progrès de planter du coton dans les steppes désertiques du Kazakhstan. Néanmoins, l’analyse de Marx reste parfaitement juste, et d’une actualité éclatante. Aujourd’hui, le capitalisme épuise encore davantage les employés, soumis à des cadences précipitées et à une pression accrue, comme il épuise davantage l’environnement biologique, plus affecté que jamais par l’activité humaine.

Structure et « comportements »

Il est illusoire et hypocrite de considérer que seuls les « gestes » de chacun, réalisés au quotidien, peuvent freiner ou inverser le processus destructeur engagé contre les ressources naturelles. Ce sont les multinationales et leur poignée de gros actionnaires qui décident de l’exploitation, et le consommateur n’a en tant que tel aucun pouvoir sur la question. Des mesures plus fallacieuses les unes que les autres sont prises par les responsables politiques ou économiques qui veulent se donner bonne conscience, comme le retrait des sachets en plastique gratuits des hypermarchés, obligeant les consommateurs à payer eux-mêmes leurs cabas d’un jour. Les dirigeants français insistent sur l’importance du tri sélectif, au moment où ils s’apprêtent à accueillir l’exploitation dévastatrice du gaz de schiste – dont les dégâts ont été constatés en Pologne.

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Si le volume de déchets par ménage est aussi élevé, c’est en grande partie à cause des emballages industriels imposés par les grandes firmes de l’alimentaire. Ces emballages, souvent en plastique, servent en partie à mieux conserver la nourriture – en raison, surtout, d’acheminements alambiqués par la recherche du coût du travail le plus faible, comme ces coquilles Saint-Jacques produites en France et lavées en Chine avant de revenir sur nos étals. Mais ils servent surtout à mieux « vendre » les produits, par de belles images, de beaux titres, souvent mensongers par rapport au produit réel. Sur cet état de fait, comme sur le fonctionnement global de l’économie, les simples acheteurs ne font que subir les tendances choisies par ceux qui décident de l’offre, par les grandes fortunes, qui parviennent à faire croire par force propagande médiatique et publicité que les grandes décisions répondent à l’intérêt général. Et c’est ainsi que la structure même de notre économie est mise hors de cause ; et que seuls certains « comportements » sont pointés, tantôt exemples à suivre, tantôt coupables de la crise écologique. Pendant ce temps, les consommateurs français, « écoresponsables » ou non, tiennent aux belles boîtes, persuadés que les jolis emballages sont synonymes de produits de qualité ; et heureusement pour eux, les propriétaires des multinationales ne sont pas près de remettre en question, ni l’emballage industriel, ni les autres gâchis commis aux quatre coins du monde. Tant pis pour la nature et la survie de l’espèce humaine.

L’espèce humaine se met en danger par sa propre activité ; tel est le fait établi par toutes les études scientifiques. Le fonctionnement inhérent à notre système de production, par l’intensité qu’il applique à l’activité économique, est le premier responsable de la crise biologique. Mais celle-ci ne trouve pas de solution dans les constats à l’emporte-pièce des écologistes, au discours erroné et contre-productif malgré les bons sentiments qui les animent. Rétablir la réalité demande du temps, une denrée elle aussi physiquement limitée avant l’épuisement de nos ressources. Mais l’extinction de l’Holocène, phénomène de masse provoqué par l’Homme, n’est pas inéluctable. Il n’est pas trop tard pour adopter un regard rigoureux et lucide sur notre société, et exiger collectivement une remise à plat totale de notre régime économique, condition sine qua non à l’évitement de la prochaine grande crise écologique.

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